28.07.2008

La mer se vide...

Les professionnels de la santé le recommande. Il faut, comme les fruits et légumes, mettre régulièrement du poisson à son menu. Oui, mais lequel ? WWF édite un petit guide du consommateur responsable. "Dépêchez-vous", avant qu'il ne soit trop tard. La polémique récente autour de la pêche au thon rouge est un prélude à ce qu'il pourrait rapidement advenir.

23.06.2008

"Thonthons" flingueurs

La pêche au thon rouge vient d'être suspendue. Suffisant ? Les "thonthons flingueurs" sont nombreux sur la planète...

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Combien de temps reste-t-il à vivre au thon rouge ? Deux semaines avant la date officielle, la Communauté européenne a choisi d’entendre la voix des ONG en précipitant la fermeture de la pêche au thon rouge en méditerranée. Une bonne nouvelle à première vue qui cache cependant une réalité plus complexe. Si la surpêche menace en effet l’avenir du thon rouge, les fermes d’élevage, le manque de moyens pour contrôler les pratiques de pêche et l’engouement des consommateurs pour ce poisson sont aussi à prendre en compte.
A vrai dire, aujourd’hui personne n’est en mesure de chiffrer les prises réelles de thon rouge en méditerranée. Une chose reste certaine, les quotas fixés par la Commission internationale pour la conservation du thon en Atlantique Est sont très largement dépassés. WWF estime ainsi que pour 2004 et 2005, les prises ont atteint respectivement 45 000 t et environs 45 500 t contre les 32 000 t autorisées et qui permettraient le renouvellement de la ressource. Du moins officiellement car cette pêche, extrêmement lucrative fait l’objet d’un véritable marché noir. Pour échapper aux contrôles et amendes fixées en cas de dépassement des quotas, le thon pêché est souvent directement traité et préparé en mer, avant d’être chargé sur des bateaux clandestins destinés entre autre au marché japonais. Au bas mot, la pêche du thon serait estimée au minimum à 50 000 t. La situation est d’autant plus préoccupante que les zones de pêche traditionnelles sont peu à peu délaissées par manque de poissons au profit de « sanctuaires » où se reproduit l’animal. . Parallèlement, la flotte de pêche européenne s’avère trop importante, 627 thoniers-seneurs, au regard des stocks restants. Pour WWF, le nombre de ce type particulier de bateaux entourant les bans grâce à d’immenses filets de plusieurs hectares devrait être réduit de deux tiers. La France conteste cependant la décision européenne.
Pour palier ce manque de poisson, une nouvelle pratique fait peu à peu son apparition, la ferme d’élevage. Rien à avoir avec l’aquaculture habituelle où des espèces se reproduisant en captivité grandissent en enclos. Le thon rouge n’ayant pas révélé les secrets de sa reproduction, ne fraie pas en captivité. Pour garnir le cheptel, les fermes prélèves directement sur les stocks, des juvéniles pour ensuite les engraisser. Une ponction échappant totalement aux quotas et aux contrôles, accentuant la zone d’ombre planant sur les chiffres réels de prélèvement effectués chaque année. Cette pratique pèse un peu plus sur la reconstitution des stocks.
A l’origine du problème, apparaît surtout l’engouement des consommateurs, notamment Japonais, pour le thon rouge consommé en sushi. Les associations de protection de la planète envisagent d’ailleurs de jouer sur le public et leur pratique alimentaire pour sauver le poisson à défaut de décision ferme des autorités. Produit demandé, le thon rouge voit son prix s’envoler. Un spécimen de 200 à 300 kilos se négocie sur le marché officiel entre 20 000 et 30 000 euros. Autant dire que le thon reste une espèce très convoitée et représente un enjeu économique important pour les pays du pourtour méditerranéen. A moins que les consommateurs en décident autrement.

Pour aller plus loin :

On en parlait (déjà) en 2007
Moyen de surveillance