09.07.2008

Europe, forteresse assiégée...

A défaut de trouver de quoi se sustenter dans leur pays, nombreux sont ceux qui décident de quitter leur terre pour les pays occidentaux. La France a choisi de placer la lutte contre l'immigration au coeur des discussions européennes des six prochains mois. Durcissement des conditions d'entrée, harmonisation des législations, harmonisation des moyens de lutte, les pays européens n'en oublient-ils pas d'agir à la source ? Le réchauffement climatique et la diminution des ressources alimentaires pourraient bien transformer l'Europe en une forteresse de plus en plus assiégée.

06.07.2008

Une petite glace ?

Une bonne séquence pour construire ses connaissances en matière de réchauffement climatique. Destiné aux jeunes et moins jeunes.

05.07.2008

Le progrès à la française

Le pouvoir du consommateur a des limites. Pour tous ceux qui souhaiteraient rouler "propre", les véhicules proposés à la vente sont souvent en complet décalage avec le défi environnemental actuel. L'exemple de ce constructeur automobile est parlant. Non content de sortir un véhicule dépassant le seuil des 120 gr de CO2 par kilomètre parcouru, la pub flirte avec le greenwashing. Une performance dignement récompensée.

02.07.2008

Météo pour 2050

Quel temps fera-t-il chez vous à l'horizon 2050 ? Si la question vous taraude l'esprit, "Science-et-Vie" met à disposition sur son site un simulateur développé par Météo France. Une projection de la pluviométrie, la température, l'ensoleillement, l'humidité des sols presque département par département est disponible selon deux scénari climatiques précis. L'un optimiste, l'autre plus catastrophiste. Un outil qui permet de faire le point sur l'évolution climatique potentielle, ô combien plus complexe que ce que l'on pourrait croire. Pas mal de surprises en perspective.

10.06.2008

Le Grenelle expliqué aux parents (Chapitre second)

Tout le monde en a bien évidemment entendu parler. Il est pourtant parfois difficile de détailler et comprendre le fonctionnement du fameux Grenelle de l'environnement. 

Comment ça marche ?

Le 18 mai 2007, la concrétisation de l’annonce faite quelques mois plus tôt, du moins en terme de discussions, est annoncée par Alain Juppé, alors ministre de l’Ecologie et du développement durable. Six groupes constitués de quarante membres sont créés. A chacun son thème : biodiversité et ressources naturelles, changements climatiques, environnement et santé, production et consommation, gouvernance et éducation, enfin compétitivité et emploi. Pour le moins d’actualité, les OGM et  la gestion des déchets nécessitent la constitution de deux groupes supplémentaires. Chaque groupe est divisé à son tour en ateliers qui auront pour mission de partager, rassembler et fédérer les idées proposées, au cours de quatre réunions. (Quelques uns, plus gourmands que les autres pousseront le vice de ces rendez-vous à cinq ou six). Une fois fédérées, les propositions font l’objet d’un nouveau débat au sein de chaque groupe.

Suit alors une phase de débat public étendue à toute la France, si, si, par le biais de réunions et débats régionaux, ainsi qu’une grande participation internet. Chacun peut alors, en toute logique, faire part de ses réflexions, interrogations, et préoccupations au sujet du Grenelle.

Une fois ces informations remontées, une phase de tables rondes fédérant l’ensemble des propositions retenues est mise en place. Les conclusions de celle-ci seront livrées à la fin du mois d’octobre 2007.

Et au quotidien ?

S’il faut encore que le Grenelle passe officiellement devant l’Assemblée, et malgré l’existence de quelques doutes sur la portée réelle du Grenelle,( voir http://blogterrestre.hautetfort.com/archive/2008/06/06/qu... ), un avant-goûts des mesures restantes sont peu à peu mises en place. Le système de bonus / malus écologiques pour les automobiles en est l’exemple. L’actuel ministre de l’Ecologie et du développement durable, Jean-Louis Borloo vient d’ailleurs d’annoncer l’étendue de cette mesure à 20 produits de la vie quotidienne. Le Grenelle devrait mettre en place 33 grands chantiers autour de la question environnementale. J’ai bien dit « devrait ».

Pour aller plus loin :

 http://www.legrenelle-environnement.fr/grenelle-environne... (le site officiel…)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Grenelle_de_l'environnement<... (Avec tout plein de liens sur les documents complémentaires)

http://www.contre-grenelle.org/ (Des dissidents)

http://www.lalliance.fr/ (Nuances…)

09.06.2008

Le Grenelle expliqué aux parents (Chapitre premier)

« Dis moman, c’est quoi le Grenelle de l’environnement ? ». La mère fronça les traits de maquillages qui lui servaient de sourcils, avant de secouer frénétiquement la fillette par la main. « Cela suffit maintenant. Tu ne parles pas comme ça dans la rue, ni ailleurs d’ailleurs… » C’est vrai, le Grenelle de l’Environnement n’a rien de très sexy à priori et peut paraître austère. Pourtant derrière ce terme fleurant bon la politique et la crispation des méninges se cache un mouvement impulsé au début de l’année 2007 et dont l’objectif sur le papier  reste ambitieux : adapter le fonctionnement du pays aux changements climatiques et à la préservation de l’environnement.

Pourquoi appelle-t-on le Grenelle de l’environnement, le Grenelle de l’environnement ?

Désormais, le terme de « Grenelle » désigne les discussions rassemblant autour d’un même enjeu les forces dites vives de la nation : syndicats, politiques, patrons, certes, mais également membres actifs d’associations, spécialistes en tout genre, représentants des consommateurs de tout genre, force de l’ordre au bon genre… . L’origine des « Grenelles » remonte à 1968 et aux accords passés, et non signés, entre des représentants du gouvernement Georges Pompidou, alors premier ministre,  les syndicats et les organisations patronales, (le 25 et 26 mai). Les négociations eurent lieu rue de Grenelle, une rue parisienne où se situe le ministère du travail.  Le mot  s’applique désormais aux sujets dont l’enjeu est si important qu’il se doit de prendre en compte et de fédérer l’avis de l’ensemble, et ce, pour mieux mettre en marche un changement profond de la société. Aujourd’hui chacun semble réclamer son Grenelle.

Le Grenelle de l’environnement, « qu’est-ce c’est » ?

Sur le principe du Grenelle de 1968, le tout frais président de la République, Nicolas Sarkozy va lancer l’idée du Grenelle de l’environnement (début 2007). Ce dernier saisi la sensibilité des Français sur les questions touchant à la protection de la planète, et compte bien l’exploiter. L’idée officielle est simple : trouver un consensus entre des acteurs aux intérêts divergents pour impulser l’adaptation du mode de développement de la société française aux enjeux environnementaux (préservation des ressources naturelles, lutte contre le réchauffement climatique…). En d’autres termes, comment faire pour conserver, à peu près, notre mode de vie actuel malgré les changements climatiques, comment concilier croissance économique et protection de l’environnement.

06.06.2008

Qui veut tuer le Grenelle ?

Le projet était ambitieux. Pourtant, les voix quant à la portée réelle du Grenelle de l’environnement se font entendre. Dernier en date, Nicolas Hulot et sa fondation, qui dans un document publié hier (jeudi 5 juin), compare les engagements pris à l’issu du processus de concertation mené pendant sept mois et leur traduction dans le projet de la loi de programmation. De la théorie à la pratique, le Grenelle de l’environnement pourrait bien ne pas tenir ses promesses.

Disparitions inexpliquées

Des 273 engagements pris à l’issu des tables rondes, la loi de programmation n’en aura retenu qu’une traduction timorée. Pire, dans certains cas, des principes forts ont disparu. Tant et si bien que l’on est en droit de se demander si la montagne n’accouchera-t-elle pas d’une souris ?  Le Grenelle avait ainsi proposé la création d’une « trame verte et bleu », comprenez un corridor écologique prioritaire sur les réalisations urbaines et le développement des infrastructures. L’objectif est simple, offrir une continuité des espaces naturelles pour endiguer l’appauvrissement génétique des populations végétales et animales isolées, tout en luttant contre l’érosion des écosystèmes par l’urbanisation. Désormais, c’est à la société de composer avec les contraintes environnementales et non plus à l’écosystème de composer avec les contraintes humaines. On dit alors que la trame bleu et verte est opposable aux grands projets d’infrastructures. Un principe fondamental dans la préservation de la biodiversité qui risque tout simplement de disparaître. La France s’est pourtant engagée devant l’Union européenne à stopper l’érosion de sa biodiversité avant 2010… Autre mesure phare éludée par le législateur, la création d’une taxe, la Contribution Climat Energie (CCE), destinée à taxer dans le domaine de la construction et du transport les produits les plus consommateurs de CO2. Les études sur la question, prévues pour le printemps 2008 n’ont toujours pas commencé et pourraient être repoussées à la fin de l’année.

Rendez-vous manqué...

Le retard, c’est aussi cela qui inquiète la FNH. La loi de programmation qui donne son statut juridique à un projet, pourrait être elle aussi renvoyée à l’automne prochain. « Il aura donc fallu près d’un an pour traduire dans la loi les conclusions des tables rondes d’octobre 2007 qui reflétaient, pourtant, un consensus parmi les acteurs sur la direction à prendre. L’adoption de la loi en juin donnerait un signal positif à nos partenaires européens, à la veille de la présidence française de l’Union européenne », explique Nicolas Hulot, dans ce document.  D’autant plus, que la loi de programmation doit être obligatoirement suivie de lois d’application pour rendre le texte applicable au quotidien. Faute de quoi, le texte resterait alors transparent. Dans le cas précis, c’est ainsi tout le calendrier qui pourrait être décalé alors que la situation climatique nécessite, d’avis de nombreux experts, notamment du GIEC (groupement intergouvernemental d’experts du climat), une action preste. Le calendrier, le bas blesse justement là encore, les étapes de mise en place des objectifs n’étant pas toujours précisées.

A qui profite le crime ?

Le nerf de la guerre, c’est l’argent, un adage d’autant plus juste que le flou règne sur les moyens de financement du Grenelle. Sur ce point, l’idée d’attribuer une partie des aides de la Politique agricole commune (PAC) a été suspendue à fin 2008. Sans fonds pour mettre en œuvre le Grenelle, le mouvement impulsé pourrait être simple coup d’épée dans l’eau.  La vraie question à se poser reste alors à qui profite le crime ? à qui profite un texte creux, un Grenelle vidé de son sens ?

www.pacte-ecologique.org

04.06.2008

Porte-monnaie et environnement

Arrêtons de nous leurrer. L’écologie n’est pas soudainement devenue l’une des préoccupations principales des Français par prise de conscience spontanée de ces derniers. Pendant de nombreuses années, des militants de tous bords ont multiplié les efforts pour sensibiliser « le grand public », à la cause environnementale, souvent sans succès réel. L’écologie et la protection de la planète ont fait irruption dans le foyer de chacun à la fin de l’année 1999, par la petite fente du porte-monnaie. En l’espace de quinze jours, deux « tempêtes », qui seront rapidement baptisées comme le sont les ouragans américains, s’abattent sur l’Hexagone et l’Allemagne. Plus d’une centaine de personnes trouve la mort, les dégâts sont estimés à 75 milliards de francs, 50 milliards d’euros. Les pays européens se mobilisent pour porter assistance aux voisins français et rétablir le réseau électrique. Les premières victimes, au-delà des sinistrés, sont les assurances qui font rapidement les comptes. Si de tels événements, ô combien coûteux, se poursuivent, il leur faudra augmenter les cotisations, tout en pointant du doigt le réchauffement climatique. Assurance d’un côté, sinistrés et concitoyens de l’autre prennent peu à peu conscience de l’impact climatique sur leur mode de vie. Une ouverture aux problèmes environnementaux qui trouvera un peu plus d’échos dans un autre événement climatique extrême, la canicule de 2003. Là encore, l’impact sur les consciences est énorme. La France où la population vieillissante s’inquiète de la multiplication annoncée des périodes de chaleurs intenses par les climatologues, touche du doigt les investissements énormes à réaliser à chaque de ces épisodes pour réparer les dégâts et s’adapter. Voilà comment est entrée dans de nombreuses vies, la protection de l'environnement...

31.05.2008

Puits de carbone végétal, la forêt qui cache l’arbre

L’idée paraît miraculeuse. A défaut de pouvoir drastiquement diminuer les émissions mondiales de Gaz à effet de serre (GES), pourquoi ne pas piéger ceux-ci  pour éviter qu’ils nuisent à l’équilibre climatique ? Avancée la première fois en 1997, lors de la conférence sur le climat de Kyoto, la solution des puits de carbone a réellement été validée par la communauté internationale quatre ans plus tard à Bonn (juillet 2001) au cours de nouvelles négociations. Pour autant l’impact réel des puits végétaux de carbone à plus long terme mérite réflexion. La suite en rubrique « le petit bout de la lorgnette ».

Puits de carbone, qu’est que c’est ?

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Pour l’heure, deux principes simples existent : « l’enfouissement » et la séquestration du CO2. La première consiste à injecter le dioxyde de carbone dans les nappes vides de pétrole ou de gaz, les nappes d’eau salée ou d’anciennes mines. La méthode est d’ailleurs déjà utilisée par les compagnies pétrolières, mais dans le seul but de nettoyer au maximum les réserves. Plusieurs projets consistant à collecter le CO2 émis par l’industrie lourde ont été lancés. Les fumées d’échappement des usines comme les cimenteries passent par un filtre contenant un liquide dans lequel le CO2 se dissout. Le CO2 est collecté, comprimé puis transmis, souvent sous forme liquide, au centre d’enfouissement. Ce système devrait se développer plusieurs projets étant d’ailleurs en cours, un peu partout sur la planète. Selon le Giec, Groupe intergouvernemental d’expert sur l’évolution du climat, cette technique pourrait contribuer au moins à 10% de l’effort mondiale contre les émissions. Seul problème, le coût et la consommation énorme en énergie du dispositif pourraient dissuader plus d’un industriel. De nombreuses incertitudes demeurent sur les risques que comporte une telle opération, fuites, tremblements de terre, saturation des sols…

http://fr.wikipedia.org/wiki/sequestration_geologique_du_...

www.manicore.com/documentation/serre/sequestration.html

 

La seconde méthode, consistant à couvrir de vastes surfaces d’arbres, reste la plus répandue. Celle-ci s’appuie sur la capacité d’absorption du CO2, notamment par les végétaux lors de leur photosynthèse. S’il y a de fortes différences entre espèces, on estime ainsi qu’en moyenne, un arbre en croissance engloutira 225 kg de carbone par an. Les bois durs représentent les plus grands « consommateurs » de carbone. Les écosystèmes, prairies, forêts, récifs coralliens, jouent déjà le rôle de puits de carbone « naturels » consommant 23 millions de tonnes de carbone chaque année. En 1998, un groupe automobile français s’est fait le promoteur de ce type d’action en lançant un vaste programme de plantation sur près de 2 000 hectares dans la région du Mato Grosso au Brésil. Sur les quarante années au cours desquelles est programmé le projet, la marque estime à 1 200 000 téqCO2, les compensations réalisées. Du moins, si le réchauffement climatique permet à cette mécanique de fonctionner. Crainte est émise par de nombreux scientifiques de voir le carbone s’échapper de ces pièges une fois un seuil de température dépassé.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Puits_de_carbone

http://www.developpement-durable.psa.fr/environnement/mil...

Planter durable…

Planter de vastes étendues d’arbres ne suffit cependant pas. Il faut aussi voir de quelles manières l’opération est réalisée. Bien souvent, pour assurer une bonne place au soleil des jeunes plants et réduire la concurrence des plantes indésirables, place nette est faite sur les plantations par des herbicides. Autre mauvais coup pour la biodiversité, les puits de carbone ainsi créés se résument souvent à de simples monocultures, ou les espèces à croissance rapide sont privilégiées plus que leur caractère local. Un désert végétal, pour ainsi dire, à l’image de ce que l’on peut parfois voire, non loin de chez nous, avec les grandes étendues d’épicéas, dans des régions ou celui-ci n’était naturellement pas présent.  L’autre erreur consiste à remplacer le moindre couvert végétal par la forêt. Plusieurs études montrent ainsi que les étendues herbeuses et prairies absorbent autant de carbone que la forêt.

Suffisant ?

En allant un peu plus loin, croire que les seuls puits de carbones puissent compenser, voir réduire les émissions annuelles de GES sur le globe tient de la douce illusion. Pour parvenir à un tel résultat, les surfaces à planter équivaudraient à 30 fois la superficie de la France. Une surface qu’il faudrait renouveler tous les siècles en moyenne, puisque seuls les arbres en croissance ont un impact.  Pire, que faire de tout ce bois, une fois celui-ci couper pour laisser la place aux nouvelles pousses ? Pas question en effet de les laisser entrer en phase de sénescence, au cours de laquelle les puits d’hier relâcheraient le carbone absorbé. « Ce qui est central, c’est la question de l’utilisation du végétal une fois celui-ci en fin de vie. Prenons un exemple, certaines variétés de plantes poussant dans la savane ont une forte capacité à absorber le carbone. Malheureusement le bénéfice de cette capacité est totalement perdu lorsque la savane brûle. Ici, c’est la même problématique, il faut prolonger la vie de l’arbre », explique Arthur Riedacker, directeur de recherche à l’INRA, département environnement. Un aspect souvent ignoré lors de la réflexion sur les projets de ce type.