20.06.2008

L'invasion a commencé (Chapitre second)

Inutile d’aller très loin pour observer une faune ou une flore menacée. En France également, la biodiversité fait triste mine, sans que le changement climatique en soit la première explication. 

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La tendance touche également la faune. Dans un rapport dernièrement publié, l’Institut national de recherche en agronomie, (INRA) estime que depuis sept ans, une vingtaine d’espèces d’invertébrés exotiques se serait installée en Europe. A l’origine de ces introductions, c’est une nouvelle fois l’homme et ses pratiques de loisirs qui sont les premières causes. Les nouveaux animaux de compagnie, autrement dit les Nac, sont bien souvent relâchés dans l’écosystème par leur propriétaire désireux de s’en débarrasser. L’exemple des tortues de Floride chassant les populations de tortues locales est bien connu. Leur voracité et les maladies qu’elles véhiculent ont été lourdes de conséquences. Même constat pour l’écureuil roux, supplanté par le Tamias de Sibérie ou Eccureuil de Corée, introduit en Europe par le biais des animaleries à partir de 1960. Là encore, c’est l’attitude des propriétaires qui reste la première explication. Le Tamias peut également nuire à certaines espèces d’oiseaux, par la prédation de leur nid. Autre exemple, celui du frelon asiatique, extrêmement surveillé par les autorités sanitaires et les apiculteurs. Découvert pour la première fois en novembre 2005 dans le Lot-et-Garonne, le loup de l’abeille est recensé sur un tiers du territoire français et s’étend peu à peu. En 2006, 2000 nids ont été recensés en Gironde. Cette fois-ci, c’est avant tout les pratiques économiques et la mauvaise vérification des cargaisons qui serait à l’origine de l’infestation.

Une liste noire des espèces invasives a d'ailleurs été établie.

19.06.2008

L'invasion a commencé (Chapitre premier)

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Inutile d’aller très loin pour observer une faune ou une flore menacée. En France également, la biodiversité fait triste mine, sans que le changement climatique en soit la première explication. A l’origine du déséquilibre se trouvent parfois des espèces s’épanouissant habituellement sous d’autres latitudes et introduites dans notre écosystème. Qu’elles soient involontaires ou pas, ces introductions dans un milieu totalement dénué de prédateurs naturels permettent à certaines plantes et animaux de pulluler, nuisant à la biodiversité autochtone. Un problème relativement nouveau puisque l’Europe a découvert la question des espèces invasives au milieu du XXe siècle.

 A première vue, on pourrait croire qu’elles font partie du paysage botanique européen. (Photo :Faune et flore sont extrêmement liés. Si l'un disparaît, l'autre également) Pourtant, le Budélia du Japon, la Jussie d’Amérique du Sud, ou le Sénéçon du cap poussent habituellement sous d’autres climats, sur d’autres continents. Si ces dernières ont pu s’épanouir en zone tempérée, c’est qu’elles y ont trouvé les conditions certes climatiques, rendues plus propices par le réchauffement, mais ont surtout échappé à leurs prédateurs, qu’ils soient virus, maladies, parasites, ou animaux se délectant de leur feuillage ou racine. Protégés de toutes contrariétés, ces végétaux échappés des jardins dans plus de 80% des cas ont une fâcheuse tendance à proliférer. Une idée reçue qu’il faut toutefois nuancer. En effet, dans seulement 1% des cas d’évasions botaniques, les plantes venues d’ailleurs, c’est-à-dire allochtones, représentent un réel souci pour l’écosystème local.  Cette dangerosité est ainsi évaluée en fonction de la capacité de la plante à passer les saisons, à fleurir, à produire des graines viables et à s’étendre au détriment d’autres espèces.

La tristement célèbre Renouée du Japon est un exemple connu d’espèce envahissante. Introduite par un médecin allemand dans son jardin d’acclimatation de Leyde à son retour du Japon où il était en poste, la Renouée a envahie en peu de temps de nombreux talus, friches industrielles, berges, sous-bois. Le principal atout de cette  plante au-delà de sa croissance rapide, c’est son aspect mellifère et décoratif. De nombreux jardiniers l’ont ainsi accueillie et disséminée. La plante pose toutefois problème en terme de biodiversité. Non contente de croitre au dépens d’espèces locales, comme les herbacées, la Renouée en formant de vastes étendues mono-spécifiques aurait un impact sur la faune. Là où elle a été repérée, le nombre d’invertébrés serait 40% moins important qu’ailleurs, un constat identique pour les oiseaux, rongeurs qui dépendent étroitement du type de végétaux présents pour leur nourriture, habitat ou reproduction.

03.06.2008

Biodiversité, restez simple…

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Vous pensez peut-être que peupler votre jardin ou balcon de magnifiques plantes à la floraison abondante peut s’avérer utile à la sauvegarde de la biodiversité. Ce n’est pas faux, mais pas complètement vrai non plus. Derrière la fleur, se cachent d’autres paramètres à prendre en compte, notamment sur le plan mellifère ou la densité du feuillage. Des considérations en matière de développement durable (Dédé) qui peuvent rapidement compliquer la tache de l’éco jardinier. Un seul conseil alors : restez simple.

Un casse-tête

 

Attirer les insectes, donner un coup de pouce aux abeilles et bourdons, pollinisateurs en voie de disparition, offrir un gîte aux oiseaux également mal menés par les changements environnementaux, voilà une excellente idée. Pas besoin d’un grand jardin, un balcon même petit, suffi. Encore faut-il choisir les plantes avec discernement. Pour amener à eux toujours plus de clientèle, les obtenteurs développent régulièrement des variétés à la floraison spectaculaire. Les critères génétiques portant sur ce simple aspect sont souvent uniquement pris en compte, au dépens d’autres qualités pourtant essentielles. La rusticité, la croissance, les qualités mellifères, la capacité à donner des graines viables, tout cela passe souvent à la trappe, avec toutes les conséquences que cela peut entraîner. Un rosier aux fleurs magnifiques mais extrêmement fragile s’avère consommer pas mal de produits phytosanitaires, si bien que les fleurs attrayantes pour les insectes deviennent un véritable foyer d’empoisonnement. Des fleurs sans nectar, ni pollen sont absolument inutiles pour les insectes. Pire leurs couleurs et parfums les attirent à elles au dépens de plantes certes moins spectaculaires mais ô combien plus utiles. Choisir sa plante, sans sacrifier la beauté du jardin ou du balcon, tout en préservant la biodiversité, peut alors révéler rapidement du casse-tête.

Un seul mot : simplicité ! 

Ce sont pourtant les plantes les plus simples, les plus anciennes, qui restent les meilleures solutions. Camille Sergent, botaniste, apicultrice, en connait un rayon, non seulement sur les abeilles, mais plus globalement sur les insectes. Celle-ci vient d’ailleurs d’ouvrir un insectarium au cœur même de sa miellerie. « Concernant les plantes mellifères, certaines sont utiles à plusieurs insectes de nos régions, et intéressantes à conseiller, comme le sainfoin, les labiées mellifères (lavande, romarin, sarriette...), le fenouil, la saponaire (pour l'abeille charpentière), les Echinacées, les lotiers, la verge d'or, qui est quant à elle très décorative et très intéressante pour énormément d'espèces ... » Les chèvrefeuilles, les fleurs d’aulx ornementaux, la sauge sont également l’idéal.

 

Une des dernières modes en vogue dans les jardins d’ornements s’avèrent être la haie décorative. Une bénédiction pour les oiseaux qui apprécie notamment, les sorbiers pour ses baies, le fusain d’Europe, le Houblon ou le prunelier. Veillez d’ailleurs à ne pas trop les tailler, les oiseaux ont horreur de cela.

Pour aller plus loin :

 

www.mielleriedugatinais.info

 

http://apisite.online.fr/flore-1

 

http://www.ecologie.gouv.fr/Dans-mon-jardin-je-preserve-l...