10.06.2008
Le Grenelle expliqué aux parents (Chapitre second)
Tout le monde en a bien évidemment entendu parler. Il est pourtant parfois difficile de détailler et comprendre le fonctionnement du fameux Grenelle de l'environnement.
Comment ça marche ?
Le 18 mai 2007, la concrétisation de l’annonce faite quelques mois plus tôt, du moins en terme de discussions, est annoncée par Alain Juppé, alors ministre de l’Ecologie et du développement durable. Six groupes constitués de quarante membres sont créés. A chacun son thème : biodiversité et ressources naturelles, changements climatiques, environnement et santé, production et consommation, gouvernance et éducation, enfin compétitivité et emploi. Pour le moins d’actualité, les OGM et la gestion des déchets nécessitent la constitution de deux groupes supplémentaires. Chaque groupe est divisé à son tour en ateliers qui auront pour mission de partager, rassembler et fédérer les idées proposées, au cours de quatre réunions. (Quelques uns, plus gourmands que les autres pousseront le vice de ces rendez-vous à cinq ou six). Une fois fédérées, les propositions font l’objet d’un nouveau débat au sein de chaque groupe.
Suit alors une phase de débat public étendue à toute la France, si, si, par le biais de réunions et débats régionaux, ainsi qu’une grande participation internet. Chacun peut alors, en toute logique, faire part de ses réflexions, interrogations, et préoccupations au sujet du Grenelle.
Une fois ces informations remontées, une phase de tables rondes fédérant l’ensemble des propositions retenues est mise en place. Les conclusions de celle-ci seront livrées à la fin du mois d’octobre 2007.
Et au quotidien ?
S’il faut encore que le Grenelle passe officiellement devant l’Assemblée, et malgré l’existence de quelques doutes sur la portée réelle du Grenelle,( voir http://blogterrestre.hautetfort.com/archive/2008/06/06/qu... ), un avant-goûts des mesures restantes sont peu à peu mises en place. Le système de bonus / malus écologiques pour les automobiles en est l’exemple. L’actuel ministre de l’Ecologie et du développement durable, Jean-Louis Borloo vient d’ailleurs d’annoncer l’étendue de cette mesure à 20 produits de la vie quotidienne. Le Grenelle devrait mettre en place 33 grands chantiers autour de la question environnementale. J’ai bien dit « devrait ».
Pour aller plus loin :
http://www.legrenelle-environnement.fr/grenelle-environne... (le site officiel…)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Grenelle_de_l'environnement<... (Avec tout plein de liens sur les documents complémentaires)
http://www.contre-grenelle.org/ (Des dissidents)
http://www.lalliance.fr/ (Nuances…)
19:36 Publié dans Le Grenelle, mythes et histoires... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, environnement, politique, réchauffement climatique, protection de l'environnement, grenelle, parents
06.06.2008
Qui veut tuer le Grenelle ?
Le projet était ambitieux. Pourtant, les voix quant à la portée réelle du Grenelle de l’environnement se font entendre. Dernier en date, Nicolas Hulot et sa fondation, qui dans un document publié hier (jeudi 5 juin), compare les engagements pris à l’issu du processus de concertation mené pendant sept mois et leur traduction dans le projet de la loi de programmation. De la théorie à la pratique, le Grenelle de l’environnement pourrait bien ne pas tenir ses promesses.
Disparitions inexpliquées
Des 273 engagements pris à l’issu des tables rondes, la loi de programmation n’en aura retenu qu’une traduction timorée. Pire, dans certains cas, des principes forts ont disparu. Tant et si bien que l’on est en droit de se demander si la montagne n’accouchera-t-elle pas d’une souris ? Le Grenelle avait ainsi proposé la création d’une « trame verte et bleu », comprenez un corridor écologique prioritaire sur les réalisations urbaines et le développement des infrastructures. L’objectif est simple, offrir une continuité des espaces naturelles pour endiguer l’appauvrissement génétique des populations végétales et animales isolées, tout en luttant contre l’érosion des écosystèmes par l’urbanisation. Désormais, c’est à la société de composer avec les contraintes environnementales et non plus à l’écosystème de composer avec les contraintes humaines. On dit alors que la trame bleu et verte est opposable aux grands projets d’infrastructures. Un principe fondamental dans la préservation de la biodiversité qui risque tout simplement de disparaître. La France s’est pourtant engagée devant l’Union européenne à stopper l’érosion de sa biodiversité avant 2010… Autre mesure phare éludée par le législateur, la création d’une taxe, la Contribution Climat Energie (CCE), destinée à taxer dans le domaine de la construction et du transport les produits les plus consommateurs de CO2. Les études sur la question, prévues pour le printemps 2008 n’ont toujours pas commencé et pourraient être repoussées à la fin de l’année.
Rendez-vous manqué...
Le retard, c’est aussi cela qui inquiète la FNH. La loi de programmation qui donne son statut juridique à un projet, pourrait être elle aussi renvoyée à l’automne prochain. « Il aura donc fallu près d’un an pour traduire dans la loi les conclusions des tables rondes d’octobre 2007 qui reflétaient, pourtant, un consensus parmi les acteurs sur la direction à prendre. L’adoption de la loi en juin donnerait un signal positif à nos partenaires européens, à la veille de la présidence française de l’Union européenne », explique Nicolas Hulot, dans ce document. D’autant plus, que la loi de programmation doit être obligatoirement suivie de lois d’application pour rendre le texte applicable au quotidien. Faute de quoi, le texte resterait alors transparent. Dans le cas précis, c’est ainsi tout le calendrier qui pourrait être décalé alors que la situation climatique nécessite, d’avis de nombreux experts, notamment du GIEC (groupement intergouvernemental d’experts du climat), une action preste. Le calendrier, le bas blesse justement là encore, les étapes de mise en place des objectifs n’étant pas toujours précisées.
A qui profite le crime ?
Le nerf de la guerre, c’est l’argent, un adage d’autant plus juste que le flou règne sur les moyens de financement du Grenelle. Sur ce point, l’idée d’attribuer une partie des aides de la Politique agricole commune (PAC) a été suspendue à fin 2008. Sans fonds pour mettre en œuvre le Grenelle, le mouvement impulsé pourrait être simple coup d’épée dans l’eau. La vraie question à se poser reste alors à qui profite le crime ? à qui profite un texte creux, un Grenelle vidé de son sens ?
20:30 Publié dans Le petit bout de la lorgnette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, environnement, politique, biodiversité, réchauffement climatique, grenelle, co2


