15.08.2008

Retour de la vignette auto ?

Vous la pensiez définitivement morte et enterrée. Dommage, la vignette auto pourrait bien refaire son apparition avec de nouveaux critères d’imposition. Cette fois-ci, ce ne sont plus les chevaux de votre moteur qui seront directement visés, mais la pollution de votre voiture. Un nouveau virage dans la lutte contre les véhicules les plus polluants engagés dans le cadre du Grenelle de l’Environnement. Jusque là, il s’agissait d’un malus à l’achat pour les véhicules rejetant un certain seuil de CO2 par kilomètre parcouru, mais désormais, le gouvernement veut aller plus loin en imposant un malus à vie. Chaque année, les propriétaires des automobiles rentrant dans les cadres qui restent à définir auront à s’acquitter d’une nouvelle taxe. La crainte reste que les voitures familiales, souvent prisées des ménages ayant au moins trois enfants, soient inclues dans le dispositif. Un nouveau coup dur pour le porte-monnaie de ces derniers. Les discussions définitives doivent avoir lieu à l’Automne. Le secteur des transports représentait 28% des émissions annuelles de Gaz à effet de serre.

30.07.2008

Perdre 5 ou 10 gr

L'idée peut être agréable à envisager, avant de repartir pour une nouvelle année scolaire...

05.07.2008

Le progrès à la française

Le pouvoir du consommateur a des limites. Pour tous ceux qui souhaiteraient rouler "propre", les véhicules proposés à la vente sont souvent en complet décalage avec le défi environnemental actuel. L'exemple de ce constructeur automobile est parlant. Non content de sortir un véhicule dépassant le seuil des 120 gr de CO2 par kilomètre parcouru, la pub flirte avec le greenwashing. Une performance dignement récompensée.

06.06.2008

Qui veut tuer le Grenelle ?

Le projet était ambitieux. Pourtant, les voix quant à la portée réelle du Grenelle de l’environnement se font entendre. Dernier en date, Nicolas Hulot et sa fondation, qui dans un document publié hier (jeudi 5 juin), compare les engagements pris à l’issu du processus de concertation mené pendant sept mois et leur traduction dans le projet de la loi de programmation. De la théorie à la pratique, le Grenelle de l’environnement pourrait bien ne pas tenir ses promesses.

Disparitions inexpliquées

Des 273 engagements pris à l’issu des tables rondes, la loi de programmation n’en aura retenu qu’une traduction timorée. Pire, dans certains cas, des principes forts ont disparu. Tant et si bien que l’on est en droit de se demander si la montagne n’accouchera-t-elle pas d’une souris ?  Le Grenelle avait ainsi proposé la création d’une « trame verte et bleu », comprenez un corridor écologique prioritaire sur les réalisations urbaines et le développement des infrastructures. L’objectif est simple, offrir une continuité des espaces naturelles pour endiguer l’appauvrissement génétique des populations végétales et animales isolées, tout en luttant contre l’érosion des écosystèmes par l’urbanisation. Désormais, c’est à la société de composer avec les contraintes environnementales et non plus à l’écosystème de composer avec les contraintes humaines. On dit alors que la trame bleu et verte est opposable aux grands projets d’infrastructures. Un principe fondamental dans la préservation de la biodiversité qui risque tout simplement de disparaître. La France s’est pourtant engagée devant l’Union européenne à stopper l’érosion de sa biodiversité avant 2010… Autre mesure phare éludée par le législateur, la création d’une taxe, la Contribution Climat Energie (CCE), destinée à taxer dans le domaine de la construction et du transport les produits les plus consommateurs de CO2. Les études sur la question, prévues pour le printemps 2008 n’ont toujours pas commencé et pourraient être repoussées à la fin de l’année.

Rendez-vous manqué...

Le retard, c’est aussi cela qui inquiète la FNH. La loi de programmation qui donne son statut juridique à un projet, pourrait être elle aussi renvoyée à l’automne prochain. « Il aura donc fallu près d’un an pour traduire dans la loi les conclusions des tables rondes d’octobre 2007 qui reflétaient, pourtant, un consensus parmi les acteurs sur la direction à prendre. L’adoption de la loi en juin donnerait un signal positif à nos partenaires européens, à la veille de la présidence française de l’Union européenne », explique Nicolas Hulot, dans ce document.  D’autant plus, que la loi de programmation doit être obligatoirement suivie de lois d’application pour rendre le texte applicable au quotidien. Faute de quoi, le texte resterait alors transparent. Dans le cas précis, c’est ainsi tout le calendrier qui pourrait être décalé alors que la situation climatique nécessite, d’avis de nombreux experts, notamment du GIEC (groupement intergouvernemental d’experts du climat), une action preste. Le calendrier, le bas blesse justement là encore, les étapes de mise en place des objectifs n’étant pas toujours précisées.

A qui profite le crime ?

Le nerf de la guerre, c’est l’argent, un adage d’autant plus juste que le flou règne sur les moyens de financement du Grenelle. Sur ce point, l’idée d’attribuer une partie des aides de la Politique agricole commune (PAC) a été suspendue à fin 2008. Sans fonds pour mettre en œuvre le Grenelle, le mouvement impulsé pourrait être simple coup d’épée dans l’eau.  La vraie question à se poser reste alors à qui profite le crime ? à qui profite un texte creux, un Grenelle vidé de son sens ?

www.pacte-ecologique.org

31.05.2008

Puits de carbone végétal, la forêt qui cache l’arbre

L’idée paraît miraculeuse. A défaut de pouvoir drastiquement diminuer les émissions mondiales de Gaz à effet de serre (GES), pourquoi ne pas piéger ceux-ci  pour éviter qu’ils nuisent à l’équilibre climatique ? Avancée la première fois en 1997, lors de la conférence sur le climat de Kyoto, la solution des puits de carbone a réellement été validée par la communauté internationale quatre ans plus tard à Bonn (juillet 2001) au cours de nouvelles négociations. Pour autant l’impact réel des puits végétaux de carbone à plus long terme mérite réflexion. La suite en rubrique « le petit bout de la lorgnette ».

Puits de carbone, qu’est que c’est ?

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Pour l’heure, deux principes simples existent : « l’enfouissement » et la séquestration du CO2. La première consiste à injecter le dioxyde de carbone dans les nappes vides de pétrole ou de gaz, les nappes d’eau salée ou d’anciennes mines. La méthode est d’ailleurs déjà utilisée par les compagnies pétrolières, mais dans le seul but de nettoyer au maximum les réserves. Plusieurs projets consistant à collecter le CO2 émis par l’industrie lourde ont été lancés. Les fumées d’échappement des usines comme les cimenteries passent par un filtre contenant un liquide dans lequel le CO2 se dissout. Le CO2 est collecté, comprimé puis transmis, souvent sous forme liquide, au centre d’enfouissement. Ce système devrait se développer plusieurs projets étant d’ailleurs en cours, un peu partout sur la planète. Selon le Giec, Groupe intergouvernemental d’expert sur l’évolution du climat, cette technique pourrait contribuer au moins à 10% de l’effort mondiale contre les émissions. Seul problème, le coût et la consommation énorme en énergie du dispositif pourraient dissuader plus d’un industriel. De nombreuses incertitudes demeurent sur les risques que comporte une telle opération, fuites, tremblements de terre, saturation des sols…

http://fr.wikipedia.org/wiki/sequestration_geologique_du_...

www.manicore.com/documentation/serre/sequestration.html

 

La seconde méthode, consistant à couvrir de vastes surfaces d’arbres, reste la plus répandue. Celle-ci s’appuie sur la capacité d’absorption du CO2, notamment par les végétaux lors de leur photosynthèse. S’il y a de fortes différences entre espèces, on estime ainsi qu’en moyenne, un arbre en croissance engloutira 225 kg de carbone par an. Les bois durs représentent les plus grands « consommateurs » de carbone. Les écosystèmes, prairies, forêts, récifs coralliens, jouent déjà le rôle de puits de carbone « naturels » consommant 23 millions de tonnes de carbone chaque année. En 1998, un groupe automobile français s’est fait le promoteur de ce type d’action en lançant un vaste programme de plantation sur près de 2 000 hectares dans la région du Mato Grosso au Brésil. Sur les quarante années au cours desquelles est programmé le projet, la marque estime à 1 200 000 téqCO2, les compensations réalisées. Du moins, si le réchauffement climatique permet à cette mécanique de fonctionner. Crainte est émise par de nombreux scientifiques de voir le carbone s’échapper de ces pièges une fois un seuil de température dépassé.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Puits_de_carbone

http://www.developpement-durable.psa.fr/environnement/mil...

Planter durable…

Planter de vastes étendues d’arbres ne suffit cependant pas. Il faut aussi voir de quelles manières l’opération est réalisée. Bien souvent, pour assurer une bonne place au soleil des jeunes plants et réduire la concurrence des plantes indésirables, place nette est faite sur les plantations par des herbicides. Autre mauvais coup pour la biodiversité, les puits de carbone ainsi créés se résument souvent à de simples monocultures, ou les espèces à croissance rapide sont privilégiées plus que leur caractère local. Un désert végétal, pour ainsi dire, à l’image de ce que l’on peut parfois voire, non loin de chez nous, avec les grandes étendues d’épicéas, dans des régions ou celui-ci n’était naturellement pas présent.  L’autre erreur consiste à remplacer le moindre couvert végétal par la forêt. Plusieurs études montrent ainsi que les étendues herbeuses et prairies absorbent autant de carbone que la forêt.

Suffisant ?

En allant un peu plus loin, croire que les seuls puits de carbones puissent compenser, voir réduire les émissions annuelles de GES sur le globe tient de la douce illusion. Pour parvenir à un tel résultat, les surfaces à planter équivaudraient à 30 fois la superficie de la France. Une surface qu’il faudrait renouveler tous les siècles en moyenne, puisque seuls les arbres en croissance ont un impact.  Pire, que faire de tout ce bois, une fois celui-ci couper pour laisser la place aux nouvelles pousses ? Pas question en effet de les laisser entrer en phase de sénescence, au cours de laquelle les puits d’hier relâcheraient le carbone absorbé. « Ce qui est central, c’est la question de l’utilisation du végétal une fois celui-ci en fin de vie. Prenons un exemple, certaines variétés de plantes poussant dans la savane ont une forte capacité à absorber le carbone. Malheureusement le bénéfice de cette capacité est totalement perdu lorsque la savane brûle. Ici, c’est la même problématique, il faut prolonger la vie de l’arbre », explique Arthur Riedacker, directeur de recherche à l’INRA, département environnement. Un aspect souvent ignoré lors de la réflexion sur les projets de ce type.