15.08.2008

Retour de la vignette auto ?

Vous la pensiez définitivement morte et enterrée. Dommage, la vignette auto pourrait bien refaire son apparition avec de nouveaux critères d’imposition. Cette fois-ci, ce ne sont plus les chevaux de votre moteur qui seront directement visés, mais la pollution de votre voiture. Un nouveau virage dans la lutte contre les véhicules les plus polluants engagés dans le cadre du Grenelle de l’Environnement. Jusque là, il s’agissait d’un malus à l’achat pour les véhicules rejetant un certain seuil de CO2 par kilomètre parcouru, mais désormais, le gouvernement veut aller plus loin en imposant un malus à vie. Chaque année, les propriétaires des automobiles rentrant dans les cadres qui restent à définir auront à s’acquitter d’une nouvelle taxe. La crainte reste que les voitures familiales, souvent prisées des ménages ayant au moins trois enfants, soient inclues dans le dispositif. Un nouveau coup dur pour le porte-monnaie de ces derniers. Les discussions définitives doivent avoir lieu à l’Automne. Le secteur des transports représentait 28% des émissions annuelles de Gaz à effet de serre.

22.06.2008

La Liberté menacée ?

Pour son implication dans la question des OGM, Christian Vélot paie le prix fort, la mise au placard. Quand la mise à mort sociale et professionnelle remplace l’assassinat.

Christian Vélot, enseignant chercheur en génétique moléculaire dérange. La carrière de ce scientifique connu pour son implication sur la question des OGM est  en effet au point mort. En septembre dernier, l’homme a appris par courrier que son contrat de recherche ne serait pas renouvelé au sein de l’université Paris-Sud à Orsay. Amputé d’une partie de ses responsabilités, le haut fonctionnaire conserve toutefois sa fonction d’enseignant. Une bien maigre consolation puisque c’est sur le résultat de ses recherches qu’un scientifique universitaire est évalué. Pour protester contre ce qui apparaît pour beaucoup comme un assassinat social, une manifestation de soutien est prévue le 25 juin sur le Campus de la Fac d’Orsay(1).

Cela vous surprendra certainement, mais Christian Vélot n’est absolument pas contre les OGM. Non. Absolument pas. Ce quinquagénaire à la barbe grisonnante, soigneusement taillée, utilise même au quotidien le génie génétique dans le cadre de ses recherches. Il les bidouille, les triture, au point de savoir, lui, de quoi il en retourne de la transgénèse. Non, Christian Vélot s’inquiète tout simplement du manque de recul dont l’homme dispose en matière de culture OGM en champ libre, une toute petite part de ce que sont les OGM. Car les OGM ne se résument pas à quelques plantes sans commun dans l’histoire du règne végétale. Ce sont également des cellules créatrices de protéines utilisées dans la formulation de médicaments, comme l’insuline. On dit alors que les médicaments sont obtenus par protéine recombinante. Retournée donc les boîtes prescrites, un médicament sur six est obtenu par cette technique. Impossible de se passer de cette technique aujourd’hui aux apports sociaux indéniables. Mais dans ce cas, loin d’être une fin en soi, l’OGM est un outil, confiné dans un labo, que l’homme n’ingère pas au quotidien. Pas d’amalgame donc, pour Vélot, ni de mauvaise foi, juste la nécessité de se pencher un peu plus sur la culture OGM à l’air libre, avant de commettre un acte qui pourrait se transformer en catastrophe écologique majeure.

Une position qu’est cependant loin de partager le reste de la communauté scientifique. Du moins, les hautes instances. Depuis ses prises de position en 2006, Christian Vélot apprend au quotidien ce qu’il en coûte de vouloir tout simplement poser le débat et de donner à chacun les armes pour pleinement réfléchir sur la question. Un débat que certains espéraient peut-être confisquer. Les premières remarques désobligeantes, l’habillant de honte pour la communauté scientifique ont glissé sur lui. Les disparitions de reliquats de budget, suppressions de thésards au labo ont précédé les demandes d’abandon de locaux, puis enfin l’assassinat professionnel.

L’enjeu n’est finalement pas de savoir si les OGM doivent être cultivés ou non en plein champ. La question est ici de savoir, s’il est encore possible pour chacun de nous d’exprimer ses opinions, et ce, quelle qu’elles soient , sans crainte de pressions ou de répression. De tenir son rôle de citoyen et de verser au débat des éléments peut-être déterminants. C’était d’ailleurs l’une des demandes du Grenelle de l’environnement, protéger les « lanceurs d’alerte ».  Etrange, la démocratie serait-elle devenue cannibale pour que ceux qui la protège soit au menu de ses festins ?

(1)    Rendez-vous, au Campus de la Fac d’Orsay (Essonne) à 10h30 et 15h place Edmond Rostand pour une marche vers le Ministère de la Recherche.

Pour en savoir plus :

Christian Vélot sur Blogterrestre

Lettre de soutien

10.06.2008

Le Grenelle expliqué aux parents (Chapitre second)

Tout le monde en a bien évidemment entendu parler. Il est pourtant parfois difficile de détailler et comprendre le fonctionnement du fameux Grenelle de l'environnement. 

Comment ça marche ?

Le 18 mai 2007, la concrétisation de l’annonce faite quelques mois plus tôt, du moins en terme de discussions, est annoncée par Alain Juppé, alors ministre de l’Ecologie et du développement durable. Six groupes constitués de quarante membres sont créés. A chacun son thème : biodiversité et ressources naturelles, changements climatiques, environnement et santé, production et consommation, gouvernance et éducation, enfin compétitivité et emploi. Pour le moins d’actualité, les OGM et  la gestion des déchets nécessitent la constitution de deux groupes supplémentaires. Chaque groupe est divisé à son tour en ateliers qui auront pour mission de partager, rassembler et fédérer les idées proposées, au cours de quatre réunions. (Quelques uns, plus gourmands que les autres pousseront le vice de ces rendez-vous à cinq ou six). Une fois fédérées, les propositions font l’objet d’un nouveau débat au sein de chaque groupe.

Suit alors une phase de débat public étendue à toute la France, si, si, par le biais de réunions et débats régionaux, ainsi qu’une grande participation internet. Chacun peut alors, en toute logique, faire part de ses réflexions, interrogations, et préoccupations au sujet du Grenelle.

Une fois ces informations remontées, une phase de tables rondes fédérant l’ensemble des propositions retenues est mise en place. Les conclusions de celle-ci seront livrées à la fin du mois d’octobre 2007.

Et au quotidien ?

S’il faut encore que le Grenelle passe officiellement devant l’Assemblée, et malgré l’existence de quelques doutes sur la portée réelle du Grenelle,( voir http://blogterrestre.hautetfort.com/archive/2008/06/06/qu... ), un avant-goûts des mesures restantes sont peu à peu mises en place. Le système de bonus / malus écologiques pour les automobiles en est l’exemple. L’actuel ministre de l’Ecologie et du développement durable, Jean-Louis Borloo vient d’ailleurs d’annoncer l’étendue de cette mesure à 20 produits de la vie quotidienne. Le Grenelle devrait mettre en place 33 grands chantiers autour de la question environnementale. J’ai bien dit « devrait ».

Pour aller plus loin :

 http://www.legrenelle-environnement.fr/grenelle-environne... (le site officiel…)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Grenelle_de_l'environnement<... (Avec tout plein de liens sur les documents complémentaires)

http://www.contre-grenelle.org/ (Des dissidents)

http://www.lalliance.fr/ (Nuances…)

09.06.2008

Le Grenelle expliqué aux parents (Chapitre premier)

« Dis moman, c’est quoi le Grenelle de l’environnement ? ». La mère fronça les traits de maquillages qui lui servaient de sourcils, avant de secouer frénétiquement la fillette par la main. « Cela suffit maintenant. Tu ne parles pas comme ça dans la rue, ni ailleurs d’ailleurs… » C’est vrai, le Grenelle de l’Environnement n’a rien de très sexy à priori et peut paraître austère. Pourtant derrière ce terme fleurant bon la politique et la crispation des méninges se cache un mouvement impulsé au début de l’année 2007 et dont l’objectif sur le papier  reste ambitieux : adapter le fonctionnement du pays aux changements climatiques et à la préservation de l’environnement.

Pourquoi appelle-t-on le Grenelle de l’environnement, le Grenelle de l’environnement ?

Désormais, le terme de « Grenelle » désigne les discussions rassemblant autour d’un même enjeu les forces dites vives de la nation : syndicats, politiques, patrons, certes, mais également membres actifs d’associations, spécialistes en tout genre, représentants des consommateurs de tout genre, force de l’ordre au bon genre… . L’origine des « Grenelles » remonte à 1968 et aux accords passés, et non signés, entre des représentants du gouvernement Georges Pompidou, alors premier ministre,  les syndicats et les organisations patronales, (le 25 et 26 mai). Les négociations eurent lieu rue de Grenelle, une rue parisienne où se situe le ministère du travail.  Le mot  s’applique désormais aux sujets dont l’enjeu est si important qu’il se doit de prendre en compte et de fédérer l’avis de l’ensemble, et ce, pour mieux mettre en marche un changement profond de la société. Aujourd’hui chacun semble réclamer son Grenelle.

Le Grenelle de l’environnement, « qu’est-ce c’est » ?

Sur le principe du Grenelle de 1968, le tout frais président de la République, Nicolas Sarkozy va lancer l’idée du Grenelle de l’environnement (début 2007). Ce dernier saisi la sensibilité des Français sur les questions touchant à la protection de la planète, et compte bien l’exploiter. L’idée officielle est simple : trouver un consensus entre des acteurs aux intérêts divergents pour impulser l’adaptation du mode de développement de la société française aux enjeux environnementaux (préservation des ressources naturelles, lutte contre le réchauffement climatique…). En d’autres termes, comment faire pour conserver, à peu près, notre mode de vie actuel malgré les changements climatiques, comment concilier croissance économique et protection de l’environnement.