28.08.2008
Hybrides et prise d'otage (3)
Comment et pourquoi les variétés hybrides envahissent le marché au détriment des variétés anciennes. Histoire d'une dépendance annoncée.
La commercialisation justement semble poser problème, notamment aux associations qui comme Kokopelli pour la plus connue, œuvre pour la préservation des vieilles variétés de fruits et de légumes. Le parcours d’une graine avant sa présence dans les rayons est loin d’être un long fleuve tranquille. Pour être autorisée à la vente, une variété doit ainsi être inscrite au Catalogue officiel, après avoir subi une série de tests dits DHS (Distinction, Homogénéité, Stabilité) et VAT (Valeur technique agricole). L’idée est d’assurer, de vérifier la stabilité des caractères du végétal, et pour les espèces agricoles, qu’elles représentent un réel progrès. A l’issu de cette procédure mise en place en 1932, le Service officiel de contrôle et de certification (Soc) délivre une homologation. Celle-ci doit obligatoirement figurer sur les paquets, plants et autres végétaux proposés à la vente. Ce qui n’est pas toujours respecté. Pour ceux qui ont l’habitude de planter leur pommes de terre, ce certificat apparait en bleu sur un côté de leur caissette.
L’inscription au Catalogue n’est toutefois pas gratuite. Pour une céréale, par exemple, il faut à l’obtenteur débourser 6 000 euros de frais, plus 2000 euros pour le maintien au Catalogue durant les 10 premières années. En ajoutant à cela l’investissement que représente le développement d’une nouvelle variété et l‘on comprendra le long glissement auquel on assiste peu à peu. Pourquoi inscrire chèrement un végétal qui pourrait être reproduit par tout un chacun ? C’est ce que dénoncent les associations de « libération des semences » : la quasi omniprésence des hybrides sur le Catalogue et par conséquence à la vente. Aujourd’hui, 50 % des carottes inscrites sont des F1, bien plus pour les tournesols ou les salades.
Mais le problème va plus loin. Entre inscription au Catalogue et commercialisation, il y a une fois de plus un décalage. Pour des raisons de retour sur l’investissement, ce sont les hybrides qui prennent majoritairement le dessus dans les rayons. Jetez un coup d’œil à la gondole de votre grainetier et vous devriez comprendre.
21:00 Publié dans Le petit bout de la lorgnette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, biodiversité, agriculture, semences, graines, fruits, légumes



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