31.05.2008

Puits de carbone végétal, la forêt qui cache l’arbre

L’idée paraît miraculeuse. A défaut de pouvoir drastiquement diminuer les émissions mondiales de Gaz à effet de serre (GES), pourquoi ne pas piéger ceux-ci  pour éviter qu’ils nuisent à l’équilibre climatique ? Avancée la première fois en 1997, lors de la conférence sur le climat de Kyoto, la solution des puits de carbone a réellement été validée par la communauté internationale quatre ans plus tard à Bonn (juillet 2001) au cours de nouvelles négociations. Pour autant l’impact réel des puits végétaux de carbone à plus long terme mérite réflexion. La suite en rubrique « le petit bout de la lorgnette ».

Puits de carbone, qu’est que c’est ?

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Pour l’heure, deux principes simples existent : « l’enfouissement » et la séquestration du CO2. La première consiste à injecter le dioxyde de carbone dans les nappes vides de pétrole ou de gaz, les nappes d’eau salée ou d’anciennes mines. La méthode est d’ailleurs déjà utilisée par les compagnies pétrolières, mais dans le seul but de nettoyer au maximum les réserves. Plusieurs projets consistant à collecter le CO2 émis par l’industrie lourde ont été lancés. Les fumées d’échappement des usines comme les cimenteries passent par un filtre contenant un liquide dans lequel le CO2 se dissout. Le CO2 est collecté, comprimé puis transmis, souvent sous forme liquide, au centre d’enfouissement. Ce système devrait se développer plusieurs projets étant d’ailleurs en cours, un peu partout sur la planète. Selon le Giec, Groupe intergouvernemental d’expert sur l’évolution du climat, cette technique pourrait contribuer au moins à 10% de l’effort mondiale contre les émissions. Seul problème, le coût et la consommation énorme en énergie du dispositif pourraient dissuader plus d’un industriel. De nombreuses incertitudes demeurent sur les risques que comporte une telle opération, fuites, tremblements de terre, saturation des sols…

http://fr.wikipedia.org/wiki/sequestration_geologique_du_...

www.manicore.com/documentation/serre/sequestration.html

 

La seconde méthode, consistant à couvrir de vastes surfaces d’arbres, reste la plus répandue. Celle-ci s’appuie sur la capacité d’absorption du CO2, notamment par les végétaux lors de leur photosynthèse. S’il y a de fortes différences entre espèces, on estime ainsi qu’en moyenne, un arbre en croissance engloutira 225 kg de carbone par an. Les bois durs représentent les plus grands « consommateurs » de carbone. Les écosystèmes, prairies, forêts, récifs coralliens, jouent déjà le rôle de puits de carbone « naturels » consommant 23 millions de tonnes de carbone chaque année. En 1998, un groupe automobile français s’est fait le promoteur de ce type d’action en lançant un vaste programme de plantation sur près de 2 000 hectares dans la région du Mato Grosso au Brésil. Sur les quarante années au cours desquelles est programmé le projet, la marque estime à 1 200 000 téqCO2, les compensations réalisées. Du moins, si le réchauffement climatique permet à cette mécanique de fonctionner. Crainte est émise par de nombreux scientifiques de voir le carbone s’échapper de ces pièges une fois un seuil de température dépassé.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Puits_de_carbone

http://www.developpement-durable.psa.fr/environnement/mil...

Planter durable…

Planter de vastes étendues d’arbres ne suffit cependant pas. Il faut aussi voir de quelles manières l’opération est réalisée. Bien souvent, pour assurer une bonne place au soleil des jeunes plants et réduire la concurrence des plantes indésirables, place nette est faite sur les plantations par des herbicides. Autre mauvais coup pour la biodiversité, les puits de carbone ainsi créés se résument souvent à de simples monocultures, ou les espèces à croissance rapide sont privilégiées plus que leur caractère local. Un désert végétal, pour ainsi dire, à l’image de ce que l’on peut parfois voire, non loin de chez nous, avec les grandes étendues d’épicéas, dans des régions ou celui-ci n’était naturellement pas présent.  L’autre erreur consiste à remplacer le moindre couvert végétal par la forêt. Plusieurs études montrent ainsi que les étendues herbeuses et prairies absorbent autant de carbone que la forêt.

Suffisant ?

En allant un peu plus loin, croire que les seuls puits de carbones puissent compenser, voir réduire les émissions annuelles de GES sur le globe tient de la douce illusion. Pour parvenir à un tel résultat, les surfaces à planter équivaudraient à 30 fois la superficie de la France. Une surface qu’il faudrait renouveler tous les siècles en moyenne, puisque seuls les arbres en croissance ont un impact.  Pire, que faire de tout ce bois, une fois celui-ci couper pour laisser la place aux nouvelles pousses ? Pas question en effet de les laisser entrer en phase de sénescence, au cours de laquelle les puits d’hier relâcheraient le carbone absorbé. « Ce qui est central, c’est la question de l’utilisation du végétal une fois celui-ci en fin de vie. Prenons un exemple, certaines variétés de plantes poussant dans la savane ont une forte capacité à absorber le carbone. Malheureusement le bénéfice de cette capacité est totalement perdu lorsque la savane brûle. Ici, c’est la même problématique, il faut prolonger la vie de l’arbre », explique Arthur Riedacker, directeur de recherche à l’INRA, département environnement. Un aspect souvent ignoré lors de la réflexion sur les projets de ce type.

28.05.2008

Sans prétention

Un de plus me direz-vous… C’est vrai, depuis le médiatique Grenelle de l’environnement, les questions liées à l’environnement ont pour comme ainsi le dire le vent en poupe. Politiquement corrects, très prisés des élites bien pensantes, le réchauffement climatique et le développement durable, alias Dédé, sont aujourd’hui dans toutes les bouches, dans tous les cœurs, sur les petits et grands écrans, sur les ondes, le net, les journaux, la pub. A tel point qu’il est devenu difficile de distinguer les fausses des bonnes idées, l’intox et  d’une information plus juste dirons-nous... Blogterrestre n’a aucunement la prétention de donner de leçon à qui que ce soit, mais de simplement permettre à tous, « écologistes convaincus », ou « sceptiques endurcis » de vous forger votre opinion en toute liberté. C’est d’ailleurs peut-être cela le rôle de l’information…