27.08.2008
Hybrides et prise d'otage (2)
Longtemps gardiens du temple en matière de sélection et d'obtention de nouvelles variétés végétales, les agriculteurs s'en remettent désormais aux seuls semanciers... Histoire d'une dépendance.

La récolte. Sans doute l’un des plus beaux moments que vit celui qui se penche sur la terre. Un geste qui peut paraître anodin pour certain, mais conditionne pourtant bien des choses. Il y a 10 000 ans, c’est en choisissant de semer des céréales, que l’homme va radicalement changer de mode de vie. Peu à peu, celui-ci délaisse la chasse et la cueillette pour l’agriculture, fondement du développement de grandes cités. Un geste anodin me disiez-vous ? Générations après générations, le lent travail de sélection donne naissance à l’incroyable diversité végétale « domestique » que nous connaissons aujourd’hui. Et encore en manque-t-il. Nous verrons cela plus tard.
Longtemps ce long et minutieux travail n’a été que du seul ressort des paysans. Croiser les variétés, choisir celle convenant le mieux au terrain environnant, au climat local… un travail de titan nécessitant l’échange entre communautés villageoises. Le nom de ces spécificité locale se reflète parois dans le nom de certains fruits ou légume : le rouge vif d’Etampes (Essonne), le Potiron « Galeux d’Eysines (Bordelais), la Coquille de Louviers (Eure).
Désormais, les agriculteurs ont volontiers délaissé ce travail de sélection perpétuel à des sociétés de semences. A charge pour ces géants financiers de mettre sur le marché les graines de nouvelles variétés obtenus à grand renfort de capitaux. Car, si jusque là, la sélection ne demandait aux paysans que du temps, l’obtention végétale est devenue un véritable business. Pour 2007, le secteur a ainsi représenté un excédent de 365 millions d’euros pour le commerce extérieur français, soit 18% de l’excédent commercial tricolore du secteur agricole. Pas mal, d’autant plus qu’en la matière, d’autres secteurs comme l’industrie s’essoufflent.
Autant dire que la poule aux œufs d’or est bichonnée et sait se défendre. Partout sur le globe, des brevets protègent ainsi les nouvelles variétés obtenues. Pour leur utilisation, des droits sont ainsi versés et représentent le retour sur investissement qu’attendent les obtenteurs. Quoi de plus logique me direz-vous. Pour éviter la piraterie comme ce qui peut se faire dans d’autre secteur, l’industrie semencière a su développer une arme imparable : les hybrides. Les hybrides F1 sont stériles, en d’autres termes, les fruits qu’ils produisent ne pourront donner à leur tour des graines viables. Inutile de les semer, elles ne donneront absolument rien, souvenez-vous de notre agriculteur africain. Seuls les industriels possédant les lignées parentes pourront produire de nouvelles graines, qu’ils commercialiseront par la suite.
21:00 Publié dans Le petit bout de la lorgnette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, biodiversité, agriculture, semences, graines, fruits, légumes
26.08.2008
Hybride et prise d'otage (Première partie)
Un petit conte initiatique.
Je me souviens de cet agriculteur africain. Un brave homme, qui pour nourrir les siens et tirer un maigre revenu de ce qui n’avait pas été avalé, cultivait ses champs. Dans le lit de la terre, celui-ci couchait des graines mises de côté lors des précédentes récoltes. Un geste qu’accomplissait son père et avant lui son grand-père, ainsi de suite jusqu’il y a bien longtemps.
Une année, un homme qui semblait bien sous toutes apparences, se présenta dans l’embrasure de sa case. Celui-ci ne vendait rien, du moins pas aujourd’hui, et venait lui proposer d’autres graines, plus grosses, plus productives. Bref que du mieux, qui laissait présager une belle récolte, et un peu plus d’argent que d’ordinaire.
En recroisant l’homme deux ans plus tard, celui-ci paraissait abattu. Cette année, les graines si fantastiques qu’on lui avait données s’étaient montrées capricieuses. Certes, elles avaient bien levé et semblé rapide en croissance, comme la précédente saison, mais n’avait donné aucun fruit. Le vendeur était repassé en début de saison pour lui proposer, cette fois-ci, un sac de graines. Pour quoi faire avait répliqué le paysan, j’ai récolté des graines, que je replanterai. L’homme était alors reparti. Personne n’avait expliqué à notre ami qu’il s’agissait là de variétés hybrides F1, c’est-à-dire stériles. Inutile de récolter les graines pour les semer l’année d’après, elles ne donnent rien. Cela lui paraissait invraisemblable, incroyable. Pourquoi donc prendre tant de temps et dépenser tant d’énergie pour créer des graines que l’on ne pouvait planter « deux fois ». Pour lui c’était tout simplement du vol. Je lui parlais de prise d’otage…
Une catastrophe. Pour le paysan d’abord : plus de graines venus de ses aïeux qu’ils avaient rapidement abandonné au regard de sa première récolte miraculeuse, pas de fruits et de légumes non plus. Demain, il quitterait sa case pour gagner la ville… Pour la biodiversité ensuite. Des variétés de fruits et de légumes sont parfois cultivées très localement et disparaissent à mesure que les pratiques de culture évoluent. Evoluer ne signifie en rien progresser, juste changer…
20:30 Publié dans Le petit bout de la lorgnette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, agriculture, semences, récolte, agriculteur, afrique, industrie
15.08.2008
Retour de la vignette auto ?
Vous la pensiez définitivement morte et enterrée. Dommage, la vignette auto pourrait bien refaire son apparition avec de nouveaux critères d’imposition. Cette fois-ci, ce ne sont plus les chevaux de votre moteur qui seront directement visés, mais la pollution de votre voiture. Un nouveau virage dans la lutte contre les véhicules les plus polluants engagés dans le cadre du Grenelle de l’Environnement. Jusque là, il s’agissait d’un malus à l’achat pour les véhicules rejetant un certain seuil de CO2 par kilomètre parcouru, mais désormais, le gouvernement veut aller plus loin en imposant un malus à vie. Chaque année, les propriétaires des automobiles rentrant dans les cadres qui restent à définir auront à s’acquitter d’une nouvelle taxe. La crainte reste que les voitures familiales, souvent prisées des ménages ayant au moins trois enfants, soient inclues dans le dispositif. Un nouveau coup dur pour le porte-monnaie de ces derniers. Les discussions définitives doivent avoir lieu à l’Automne. Le secteur des transports représentait 28% des émissions annuelles de Gaz à effet de serre.
09:15 Publié dans Le Grenelle, mythes et histoires... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, écologie, automobile, vignette, malus, rejet, co2
13.08.2008
Sous les déchets, la plage
Sous le flot médiatique, il est parfois tentant de croire que la protection de l'environnement et l'éducation à la sauvegarde de la planète ne sont réservées qu'aux pays occidentaux. Le contre-exemple vient du Maroc, dans la région de Dar Bouazza. Des écoliers et des membres Surferschool y ont mené une opération nettoyage pour le moins nécessaire... Autant de sacs plastiques, bouteilles et autres qui ne partiront pas à l'océan pour finir dans l'estomac de la faune marine.
20:42 Publié dans Des nouvelles de Dédé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, pollution, déchets, plage, nettoyage, écoliers, surfers


